Le souterrain de Barbaran à Châtres-sur-Cher
Le souterrain de Barbaran à Châtres-sur-Cher
Le lac de Soings-en-Sologne
Le lac de Soings-en-Sologne
La fontaine St-Lié à Monthou-sur-Cher
La fontaine St-Lié à Monthou-sur-Cher
La pierre de minuit à Pontlevoy
La pierre de minuit à Pontlevoy

Le souterrain de Barbaran à Châtres-sur-Cher


Creusé à des époques différentes, il peut se rattacher aux souterrains à galerie circulaire des Bourbonnais et Limousins français, à ceux des pays germaniques et de Catalogne.

Ses deux galeries à sépulture en bout (la première, surbaissée par la suite pour devenir chapelle), la salle à autel et console, accessible seulement par goulots, ses niches trop soignées, sa galerie secrète à triples autels, son utilisation ésotérique certaine, prouvée par un inquiétant mobilier de sorcellerie et des figurines à destination magique, bouleversent bien des affirmations anciennes. Il oblige, plus que tout autre souterrain actuellement connu, à étudier leurs créateurs, plus sur le plan de leurs inquiétudes que de leur habitat.

C’est un souterrain long de 25 mètres environ, situé au lieu-dit « Le Pressoir » ou « La Chaîne ». L’exploration en a été faite en 1973-1975 par l’abbé Nollent, Président de la Société Française d’Étude des Souterrains. Aidé par des jeunes gens de Châtres-sur-Cher et de Mennetou-sur-Cher, il l’a déblayé et en a fait un plan très précis. La partie la plus récente du souterrain a été creusée avant 1850 par François Popelin. La partie la plus ancienne, selon l’abbé, semble avoir été un anneau circulaire agrandi au cours de creusements successifs et bordé de banquelles et de niches. Par deux niches, la salle communique avec une autre salle qui était sans doute un sanctuaire. Toute cette partie est creusée dans le calcaire. A la suite, dans l’argile verte, François Popelin (propriétaire du lieu) aurait creusé une chapelle en croix à trois autels. François Popelin et sa femme Catherine Pontlevoy habitaient un « cul-de-loup » sis au carrefour de la traite des Aujoncs et d’un chemin conduisant au « pressoir ». Selon les dires, ils œuvraient la nuit, transportant la terre dans la hotte de vigneron. Au cours des fouilles, l’abbé Nollent a découvert 10 petits personnages en pierre et des poupées d’envoûtement, conservées au Musée de Sologne à Romorantin. Le souterrain était sans doute un lieu de culte et de sorcellerie.

Le lac de Soings-en-Sologne


Le lac de Soings-en-Sologne est une curiosité géologique bien connue des Solognots. Il compte en effet parmi les phénomènes les plus curieux de la région. Situé à l'ouest du bourg, en bordure de la route de Sassay et dominé par celle de Contres et la butte du Chatelier (ancien poste de surveillance romain), il se présente sous la forme d'une cuvette naturelle longue d'environ un kilomètre, large de cinq cents mètres et d'une superficie variant de 60 à 100 hectares selon la hauteur des eaux. La profondeur, en eau pleine, est d'environ 5 mètres au centre.

Le lac se trouve exactement au point de rencontre de l'ancienne mer des faluns, qui s'est retirée à la fin de l'époque miocène de l'ère tertiaire, avec les sables de Sologne. Ses abords permettent d'ailleurs de découvrir des coquillages, dont la provenance maritime ne fait aucun doute.

Le caractère sacré de ce lac est irréfutable, la présence du cimetière gallo-romain en atteste. Les premiers habitants de ses rives virent certainement un motif d'ordre religieux dans le comportement de ses eaux.

En effet, les variations du niveau du lac de Soings sont difficiles à expliquer. Il ne semble pas, après étude, qu'il y ait de corrélations entre le régime des pluies et le niveau du lac. Aujourd’hui, on pense que, le lac reposant sur du calcaire, il s’agit plus vraisemblablement d’un phénomène karstique, l’eau dissout peu à peu les carbonates de la couche calcaire et des effondrements rocheux produisent des poches qui se remplissent d’eau vidant le lac jusqu’à ce qu’elles soient pleines. Il est arrivé, vers 1870, que le lac reste 40 ans sans eau et puisse ainsi être cultivé.

Ces caractéristiques mystérieuses ont bien évidemment excité l'imagination des Solognots. La tradition populaire attribue aux fées la naissance du lac de Soings et affirme que des trésors sont cachés ici. On raconte que pendant la nuit de Noël, juste au moment de l'élévation, ces trésors cachés deviennent visibles. D'ailleurs, une jeune fille se rendant un peu tard à la messe de minuit aperçut, en descendant la tranchée du lac, un trésor ouvert. Elle courut chercher une de ses compagnes pour l'aider à l'emporter. Mais lorsqu'elles revinrent, l'instant favorable était passé et il ne restait plus qu'une flamme vacillante à la place.

De tous temps le lac fut pêché. Au Moyen Âge, le produit des pêches était soigneusement comptabilisé par les comtes de Blois. Les carpes de Soings étaient renommées, sans doute à cause du fond sablonneux du lac, et agrémentaient les tables des « grands ». Le seigneur de Selles, Philippe de Béthune, en offrit à son frère Sully, qui à son tour, en fit goûter au bon roi Henri. Louis XIV, lui-même ne se lassait pas de déguster les succulentes carpes lors de ses séjours à Chambord. Enfin, sous le Premier Empire, le souverain d'Espagne, Fernand VII, profita de son séjour forcé au château de Valençay, pour se régaler des carpes du lac de Soings.

La Fontaine Saint-Lié à Monthou-sur-Cher


Au VIè siècle, Laetus (traduction latine de Lié) né dans le Berry, est un berger attiré par la vie monastique. Suite à sa demande, il est intégré dans le monastère de Monthou-sur-Cher. Saint-Lié a un lieu de prières qu'il affectionne particulièrement, c'est une fontaine au bas d'une colline, il y construit d'ailleurs un oratoire. Il montre tant de ferveur au monastère qu'il accède au diaconat, faisant la jalousie de quelques moines. Ceux-ci décident alors de se venger de lui. Un jour que Saint-Lié est seul à son oratoire, ses frères l'ayant suivi, le battent et le laissent inanimé et sanglant. Mais Saint-Lié n'est pas mort, il se hisse jusqu'à la fontaine et lave ses plaies qui se referment au fur et à mesure. Son sang s'agite alors dans l'eau sans s'écouler. C'est pourquoi, encore aujourd'hui, des taches rouges sont présentes sur les pierres, c'est le sang de Sant-Lié.

Par la suite, saint-Lié se retire en ermite dans la forêt d'Orléans, où il meurt en 534. Une chapelle est aujourd'hui érigée sur son tombeau à Saint-Lyé-la-Forêt dans le Loiret, en bordure de la forêt d'Orléans. A Monthou-sur-Cher, des restes de l'oratoire auraient été retrouvés par un chasseur en 1879. Cette fontaine a été jusqu'au XIXè siècle un lieu de pèlerinage le cinquième dimanche de Pâques, pour la guérison des enfants affectés de troubles de croissance.

Pour ce qui est des taches rouges, on sait aujourd'hui que c'est une algue d'eau douce appelée Hildebrancia fluviatilis.

La pierre de Minuit à Pontlevoy


Une légende affirme que pendant la nuit de Noël, au moment où le célébrant consacre l’hostie, la pierre de Minuit tourne sur elle-même et laisse apparaître fées et sorciers qui y tiennent leurs assemblées. Malheur à l’humain qui oserait s’approcher ! Selon les uns, il serait mis à mort sur le champ, selon les autres il y perdrait la vue.

Une autre version existe : à minuit, toujours pendant la nuit de Noël, le dolmen s’élève dans les airs et va prendre un bain dans l’étang de Charenton tout proche. Et ce n’est pas la cécité qui frappera les éventuels témoins, mais une mort immédiate qui les empêchera de raconter ce prodige aux incrédules.