Joseph Paul-Boncour
Joseph Paul-Boncour
Gilbert Cesbron
Gilbert Cesbron
Jean-Claude Deret
Jean-Claude Deret
Maurice Druon
Maurice Druon

Pearl "Pauline"  Witherington
Pearl "Pauline" Witherington
Victor-Auguste Poulain
Victor-Auguste Poulain
Pierre-Paul Royer-Collard
Pierre-Paul Royer-Collard
Ovide Scribe
Ovide Scribe

Joseph-Paul BONCOUR (1873-1972)


Joseph Paul-Boncour, né le 4 août 1873 à Saint-Aignan, est un avocat et homme politique français.

Il fait des études de lettres en Bretagne, puis des études de droit à Paris. D'abord tenté par la Marine, il choisit le métier d'avocat. Attiré par les idées de la Revue socialiste, fondée par Benoît Malon, sans pour autant adhérer à un parti, il choisit, avec quelques amis, de défendre les grévistes.

De 1899 à 1902, il est secrétaire particulier de Waldeck-Rousseau, président du Conseil. En 1904, il est élu conseiller municipal de Saint-Aignan. Deux ans plus tard, il devient directeur de cabinet de René Viviani, socialiste proche de Jean Jaurès, qui a refusé d'adhérer à la SFIO et devient le premier ministre du Travail français. Il commence sa carrière parlementaire comme député de Loir-et-Cher en janvier 1909, réélu aux élections générales de 1910 et battu en 1914 de 38 voix. Il est ministre du Travail dans le gouvernement Monis, en 1911. Il s'attache principalement à l'élaboration de la loi sur les retraites et, après la chute du gouvernement, consacre toute son activité de parlementaire à cette loi, refusant même un poste de sous-secrétaire d'État aux Beaux-arts, qui lui est proposé en 1912. Toujours hésitant face à la SFIO, il préfère adhérer au Parti républicain-socialiste. En 1914, il perd son siège de député, puis s'engage dans l'armée française, pendant toute la Première Guerre mondiale.

En 1916, il adhère à la SFIO. En 1919, il est élu député du département de la Seine et réélu en 1924. À la Chambre des députés, il est membre de la commission de l'armée et de celle chargée des affaires étrangères. Ce sont désormais les deux questions auxquelles il consacre l'essentiel de son travail. Partisan convaincu d'une politique de paix, il pense pour autant qu'une politique vigilante des armements est nécessaire.

En 1924, il quitte le département de la Seine, dont la fédération est la plus à gauche de la SFIO, pour le Tarn. Il est élu député de ce département lors des élections législatives tenues cette année-là, et réélu en 1928. La même année, il devient président de la commission des affaires étrangères. En désaccord avec la SFIO sur la question de la participation au gouvernement et sur le vote des crédits militaires, il quitte ce parti en 1931 et revient au Parti républicain-socialiste, lequel se fond en 1935 dans l'Union socialiste républicaine.

Sénateur de Loir-et-Cher (1931-1940), puis délégué de la France à la SDN et ministre de la Guerre (1932), il est président du Conseil des ministres du 18 décembre 1932 au 28 janvier 1933 après la chute du gouvernement d'Édouard Herriot. Il fut ensuite ministre des Affaires étrangères jusqu'en février 1934. À ce titre, il participa avec Herriot au rapprochement avec l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie : signature d'un pacte de non-agression en 1932, envoi d'un attaché militaire à Moscou l'année suivante. Il tente aussi de resserrer les liens avec la Yougoslavie et d'apaiser les relations avec l'Italie, pour éviter un isolement de la France.

Paul-Boncour est ensuite ministre d'État délégué à Genève dans le cabinet d'Albert Sarraut (janvier-juin 1936). Il redevient ministre des Affaires étrangères au printemps 1938, mais pour peu de temps, et c'est cette fois en vain qu'il tente d'imposer une politique de fermeté face à Adolf Hitler et de réalisme face à une URSS alliée potentielle, comme la Russie tsariste l'avait été en 1914.

Face à l'agitation créée par la débâcle de 1940 et aux propositions de Pierre Laval pour confier au maréchal Pétain les pleins pouvoirs (exécutif, législatif et constituant), il rallie vingt-cinq de ses collègues anciens combattants autour d'un contre-projet confirmant les pleins pouvoirs au Maréchal, sauf le pouvoir constituant. Il vote contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940 et devient, par la suite, président de l'association des Quatre-vingt, les parlementaires s'opposant à Pétain et à Pierre Laval.

Sa propriété de Saint-Aignan étant à cheval sur la ligne de démarcation durant la guerre, il aida certains résistants qui souhaitaient passer en zone libre. Le 6 juin 1944, traqué par la Gestapo, il rejoignit un maquis dans le Lot. En 1949, il est promu dans l'ordre de la Légion d'honneur pour sa participation à la Résistance (il avait déjà été décoré à titre civil en 1907, comme directeur de cabinet de Viviani, et à titre militaire pour son comportement courageux au front, pendant le premier conflit mondial).

Il retourne à la SFIO après la Libération. Membre de l'assemblée consultative (1944) puis du Conseil de la République (1946-1948), il participe à la conférence de San Francisco où il signe la charte des Nations unies (1946). Puis il se retire de la vie politique. Décédé à près de 99 ans, il a été le doyen des Présidents du Conseil.

Gilbert CESBRON (1913-1979)


Ancien élève de l'École des Sciences Politiques, Gilbert Cesbron édite un premier recueil de poèmes, « Torrent », en 1934. « Les innocents de Paris », son premier roman, paraît en Suisse en 1944. Il reçoit le « Prix Sainte-Beuve » pour « Notre prison est un royaume » en 1948, ouvrage qui lui apporte succès et célébrité. Sa pièce « Il est minuit, docteur Schweitzer » (1950) séduit tout autant que ses romans. La matière de ses œuvres est souvent constituée de thèmes d'actualité : on voit apparaître des prêtres-ouvriers dans « Les Saints vont en enfer » (1952), la jeunesse délinquante dans « Chiens perdus sans collier »(1954), la question de l'euthanasie dans « Il est plus tard que tu ne penses » (1958), de la violence dans « Entre chiens et loups » en 1962.

Gilbert Cesbron est enterré à Bourré, commune du Pays de la vallée du Cher et du Romorantinais où il a vécu une partie de sa vie.

Jean-Claude DERET (1921-2016)


Jean-Claude Deret, né Claude Breitman le 11 juillet 1921 à Paris, est un scénariste, dramaturge et acteur français. Il fait ses études au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il est le père d’Isabelle Breitman, connue sous le nom de Zabou Breitman.

Il est l'auteur de la série télévisée « Thierry la Fronde » (dans laquelle il interprète également le méchant principal, Messire Florent). Il est nommé Chevalier des Arts et Lettres en 2006.Le Théâtre du Funambule produit et crée sa pièce « Samuel dans l'île ». Cette production a été nommée aux Molières 2006 dans la catégorie Grand Prix spécial du Jury. Il anime et dirige depuis de nombreuses années le Théâtre du Cercle de Saint-Gervais-la-Forêt.

Jean-Claude Deret passe son enfance à Mennetou-sur-Cher où son père est médecin. Ses jeux dans les ruelles de la cité médiévale lui inspireront le personnage de « Thierry la Fronde », dont de nombreux épisodes sont tournés à Mennetou-sur-Cher ou au château du Moulin à Lassay-sur-Croisne. Il est toujours propriétaire du Prieuré, bâtisse du XIIè siècle à l’entrée de la cité médiévale de Mennetou-sur-Cher.

Maurice DRUON (1918-2009)


Après une enfance en Normandie, Maurice Druon publie différents articles dans des revues et journaux littéraires dès l'âge de 18 ans. Démobilisé pendant la guerre, il s'engage dans les rangs de la France libre, gagne clandestinement Londres où il devient journaliste pour la BBC. Coauteur avec son oncle Joseph Kessel du « Chant des partisans », ce n'est qu'en 1946 qu'il se consacre à la littérature. Rendu célèbre par la série historique des « Rois maudits », il reçoit le prix Goncourt pour « Les Grandes Familles » en 1948 et le prix Pierre de Monaco pour l'ensemble de son œuvre. Le 8 décembre 1966, il est élu au trentième fauteuil de l'Académie française à 48 ans et devient le benjamin de l'institution. Nommé secrétaire perpétuel le 7 novembre 1985, il démissionnera de cette fonction mais l'exercera à nouveau à titre honoraire à partir du 1er janvier 2000. Sur le plan politique, Maurice Druon devient ministre des Affaires culturelles sous Pompidou en 1973-1974 et député de Paris de 1978 à 1981. Dans toutes ses fonctions, il se signalera par un conservatisme qui le rendra aussi célèbre que ses fresques romanesques.

Maurice Druon est le découvreur et le sauveur du site gallo-romain de Tasciaca. En 1965, alors qu’il travaille sur ses « Mémoires de Zeus » et n’est pas encore Ministre des Affaires culturelles, il passe à Thésée dont le nom de dieu grec éveille sa curiosité. On le conduit alors à la sortie du village pour lui présenter une ruine monumentale enfouie sous la végétation. Maurice Druon a un coup de cœur pour le site, l’achète et entreprend de lui redonner vie. L’opération prend une dizaine d’années au cours desquelles il fait de fréquents séjours dans une maison voisine du site qu’il a acquise. Le chantier engloutit une bonne part de ses droits d’auteur. L’impulsion donnée par Maurice Druon est à l’origine des recherches approfondies sur le passé gallo-romain de Tasciaca.

En 1976, il fait don du site au Département de Loir-et-Cher pour être exploité à des fins touristiques.

Pearl WITHERINGTON, dite « Pauline » (1914-2008)


Pearl Witherington naît en juin 1914 à Paris. Après le bombardement de Paris en 1940, le gouvernement britannique ordonne l'évacuation de ses ressortissants en France. Pearl et sa famille parviennent à rejoindre l'Angleterre par bateau après avoir traversé l'Espagne et le Portugal.

En 1941 elle s'engage dans la Force Féminine Auxiliaire de l'Aviation de la Royal Air Force. Ce n'est qu'en juin 1943 qu'elle s'enrôle dans le Special Operations Executive (SOE), un service secret britannique créé en 1940 par Churchill. Ce service a pour mission de soutenir les mouvements de résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale d'abord dans les pays d'Europe occupés par l'Allemagne, puis dans tous les pays en guerre. Elle suit, pendant trois semaines, un entrainement paramilitaire : maniement des armes, des explosifs, apprendre à tomber, à répondre à des interrogatoires, à cambrioler une maison, les messages secrets, les codes... Elle fait trois sauts en parachute d'entrainement. A ce moment-là, les officiers britanniques ne peuvent leur dire précisément quel allait-être le travail de ces agents en France, si ce n'est de « mettre le feu à l'Europe » (Churchill).

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1943, elle est parachutée près de Châteauroux, où elle est accueillie par Maurice Southgate « Hector », qui dirige le réseau STATIONER, dont elle sera le courrier jusqu'en avril 1944 sous le nom de « Marie », et est rejoint par son fiancé Henri Cornioley. Elle passe le plus clair de son temps dans les trains, souvent de nuit.

En mai 1944, Maurice Southgate est arrêté par la Gestapo. Pearl prend alors en charge un nouveau réseau : WRESTLER, dans le nord de l'Indre et la vallée du Cher, dans le triangle Issoudun - Valençay - Châteauroux. Son nouveau nom de code est « Pauline ». Elle continue à participer grandement à la résistance, dans cette région située à la frontière de la zone occupée : mise en place d'un centre d'instruction au maniement d'armes, réception d'agents britanniques, parachutages clandestins... Elle organise ce petit maquis à La Chapelle-Montmartin, au château des Souches, en bordure des bois de la Taille de Ruine.

Le 11 juin 1944, les Allemands attaquent le château : c'est plus d'une cinquantaine de camions allemands qui circuleront toute la journée dans cette zone. Pauline en réchappe en se cachant toute la journée, allongée dans un champ.

A la suite de cette attaque, Pauline, Henri et le maquis se regroupent à Doulçay. Le maquis de développe fortement, et, en juillet 1944, Pauline se retrouve à la tête de 1500 maquisards. En août, ils partent pour la forêt de Gâtine, dans le canton de Valençay (les Maquis de Gâtine ou Maquis en Gâtinais).

Pour Pauline et Henri, la guerre s'arrête en septembre. Le 1er, elle est promue Flight Officer. Quelques jours plus tard, le major général allemand Elster se rend : ils repartent en Angleterre, comme tous les agents britanniques.

Le 26 octobre 1944, Pauline et Henri se marient. Ils resteront ensemble jusqu'à la mort d'Henri en 1998. Elle travaillera pendant 28 ans à la Banque Mondiale, à Paris.

En 1946, elle reçoit la Croix de Guerre, la médaille de la Résistance, et est faite Chevalier de la Légion d'honneur. Le 6 mai 1991 est inauguré à Valençay (36) un mémorial « à la mémoire des agents du SOE section F tués au combat ou morts en déportation » et « à la mémoire des équipages des forces aériennes et navales alliées disparus au cours des missions spéciales », en présence de la Reine mère Elizabeth.

Le 5 avril 2004, elle reçoit la distinction de commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique des mains de la Reine Elizabeth II.

En avril 2006, elle reçoit les « Parachute Wings », qu'elle n'avait pas pu obtenir lors de la guerre, car elle était attribuée après cinq sauts en parachute (quatre d'entraînement, un d'opération), or elle n'en fit que quatre. Elle décède à 93 ans le 24 février 2008, à l'hôpital de Blois. Ses cendres ont été déposées, ainsi qu'elle l'avait demandé, auprès de la stèle commémorant le combat des Souches à La Chapelle-Montmartin, là où se trouvaient déjà celles d'Henri, son mari, décédé en 1998.

Victor-Auguste POULAIN (1825-1918)


Victor-Auguste Poulain est né le 11 février 1825 à Pontlevoy, à la ferme des Bordes à côté du château du même nom. Ses parents, François Bruno Poulain et Jeanne-Elise Galloux sont des cultivateurs modestes. Il est l'un de leurs 11 enfants. Après de brèves études, il quitte dès neuf ans la ferme familiale et se lance à la recherche d'un emploi. Commis épicier à Bléré puis à Blois, c'est à 13 ans qu'il apprend à fabriquer le chocolat dans un magasin parisien, le Mortier d'Argent.

Revenu à Blois en 1848, il y ouvre une petite confiserie qui s'agrandit très vite. Ainsi, en 1862, il achète un terrain dans le centre de Blois et y fait construire son usine, dite de « La Villette ».

Puis sa chocolaterie connaît quelques difficultés et c'est là qu'il trouve le slogan de génie : « Goûtez et comparez ». Il persuade ainsi le public que son chocolat est le meilleur sans faire de polémique et invente du même coup la publicité comparative. Son entreprise gagne en notoriété. Mais la compétition est rude entre les différents chocolatiers, la « réclame » doit les départager. Auguste Poulain se révèle un précurseur en usant des progrès de l'imprimerie. De la petite carte à collectionner, glissée dans les tablettes de chocolat, jusqu'aux affiches signées par les plus grands dessinateurs, ses idées semblent inépuisables.

Auguste Poulain quitte les affaires en 1880 laissant à son fils Albert le soin de continuer son œuvre publicitaire. Il s'éteint doucement dans son château de La Villette à côté de son usine, le 30 juillet 1918.

Pierre-Paul ROYER-COLLARD (1763-1845)


Issu d’une famille de la bourgeoisie rurale de la Marne, Pierre-Paul Royer-Collard devient avocat. Il participe aux évènements révolutionnaires dès le début : proche des Girondins, il doit quitter Paris durant la Terreur. En 1797, il devient membre du Conseil des Cinq-Cents pour le département de la Marne, mais est exclu de l’assemblée suite au coup d’Etat du 18 fructidor en IV. Fidèle partisan de la monarchie constitutionnelle, il entre au conseil secret du comte de Provence, futur Louis XVIII. Néanmoins, il se rallie à l’Empire une fois que le régime est établi. Devenu professeur d’histoire de la philosophie moderne à la Sorbonne, il prend en 1815 la direction de la Commission d’Instruction publique. En 1816, il obtient l’instruction communale gratuite. Dans le même temps, il devient le porte-parole des doctrinaires, qui veulent un retour à une monarchie tempérée, contrairement aux ultras qui réclament un retour à l’Ancien Régime.

Entré dans l’opposition, il se rapproche de François Guizot avec lequel il crée la société « Aide toi, le ciel t’aidera ». En 1828, il revient au premier plan : nommé président de la Chambre des députés, il est la même année élu à l’Académie française. Catholique pratiquant, Royer-Collard défend le principe de la séparation de l’Église et de l’État, mais il le fait parce qu’il considère que laisser le pouvoir temporel agir sur la religion est un rabaissement de cette dernière.

En 1842, Royer-Collard se retire définitivement de la vie politique, demeurant désormais dans sa propriété de Châteauvieux. Il voisine avec Talleyrand, dont il sera un des derniers amis. Le château de Châteauvieux était la propriété de son épouse Augustine-Marie Rosalie qui en a hérité de sa tante.

Il rassemble au cours de sa vie une bibliothèque principalement constituée d’ouvrages juridiques d’auteurs grecs, latins, anglais et français. Il collectionne également les feuillets du « Moniteur Universel » des années 1814 à 1845. Cette bibliothèque exceptionnelle, conservée au château de Châteauvieux, appartient à la Société Philanthropique de Paris, propriétaire du domaine.

Pierre-Paul Royer-Collard meurt en 1845 et est inhumé dans le petit cimetière paroissial de Châteauvieux. Ce cimetière sera désaffecté en 1890 mais sa tombe y est toujours visible.

Ovide SCRIBE (1841-1909)


Ovide Scribe est un artiste peintre et céramiste. Cet artiste de la fin du XIXè siècle, est un solognot d’adoption. Né à Albert dans la Somme en 1814, il étudie la peinture à Paris où il est conseillé pour les grands peintres de l’époque tels qu’Ingres et Henner. Il arrive en Sologne à l’âge de 27ans, ses parents ayant décidé de s’installer à La Ferté-St-Cyr suite à des problèmes financiers. Après avoir réalisé des tableaux très réalistes sur la vie des Solognots de son époque, cet artiste au grand cœur et érudit se consacre à la céramique figurative. Ovide Scribe marque l’histoire culturelle de la ville de Romorantin où il s’installe en 1880 sur les conseils de son ami écrivain Paul Besnard. En effet il occupe le premier poste de professeur de dessin au collège de Romorantin et crée le premier musée municipal. Artiste et collectionneur d’œuvres de ses amis peintres, ce musée est initialement essentiellement constitué de dons provenant de sa propre collection. On en trouve encore beaucoup aujourd’hui dans les collections du Musée Sologne. Installé dans un premier temps rue du Grenier à Sel, près de la tour Jacquemart, il finira sa vie dans sa maison dite du « Guideau » située dans l’actuelle rue Ovide Scribe. C’est dans le four construit dans la cour de cette demeure qu’il réalise ses plus belles céramiques, dont plusieurs ornent encore la façade. 

Passionné par l’art de la Renaissance italienne, il reprend à la fois la technique des céramistes de cette époque comme Luca della Robbia appelée « l’émail cru cuit à grand feu », ainsi que le style des grands peintres tels que Botticelli, Léonard de Vinci et Michel-Ange. Sa performance sera de reproduire avec beaucoup de fidélité les œuvres des artistes de la Renaissance italienne sans les avoir toujours vues en réalité. En effet passionné de cette période historique, mais ne s’étant jamais rendu en Italie, Scribe peut pourtant décrire avec exactitude les monuments de Rome ou Florence. Il se rend à plusieurs reprises au Cabinet des Estampes à Paris, certainement pour y trouver l’inspiration et les modèles de ses œuvres. Il explique dans une lettre du 25 octobre 1908 (adressée à Abel Billault), que les gravures conservées dans ce cabinet ont l’avantage d’être « copiables de plein droit ». Ses sujets et son style sont tellement fidèles à l’art de la Renaissance italienne que certains marchands peu scrupuleux les vendent en faisant croire aux acheteurs qu’elles datent du XVIème siècle.

Malgré sa formation à la peinture auprès des grands peintres parisiens de l’époque, Ovide Scribe connait peu de succès avec ses tableaux, ceux-ci étant souvent jugés trop réalistes et donc peu flatteurs pour ses modèles. Pour ses tableaux, Ovide Scribe utilise plusieurs techniques dont l’aquarelle et la peinture à l’huile sur toile ou sur bois. Lorsqu’il peint à l’huile, c’est avec une touche large et expressive. Cependant les couleurs qu’il emploie sont assez sombres et donnent un aspect un peu goudronné. Les dessins d’Ovide Scribe sont aujourd’hui assez rares. Il s’agit souvent d’esquisses et de croquis préparatoires réalisés au crayon de papier ou à l’encre de chine. Quelques uns sont colorés à l’aquarelle ou au pastel. Il signe ses œuvres de deux manières. Les dessins et les peintures (à l’huile ou aquarelles) portent généralement son nom en toute lettre ou bien l’abréviation « L. Ov. Scribe ». Toutefois sur de nombreuses céramiques, Ovide Scribe signe avec un monogramme stylisé représentant un « S » entouré.

Ovide Scribe recevra plusieurs distinctions au cours de sa vie telles que les Palmes Académiques en 1893, et la rosette d’officier de l’instruction publique en 1904.

Il meurt le 9 décembre 1909 à son domicile de Romorantin des suites d’une pneumonie contractée auprès de son four alors qu’il surveillait dans le froid une de ces longues cuissons de céramiques.